Vos calories de maintenance, c'est le nombre de calories que votre corps dépense sur une journée entière. Mangez ce chiffre, et votre poids reste stable ; au-dessus, vous prenez du poids ; en dessous, vous en perdez. C'est le point de repère central de tout objectif — avant même de parler de déficit ou de prise de masse. Voici comment l'estimer, pourquoi il n'est jamais gravé dans le marbre, et comment trouver le vôtre pour de vrai, la balance à l'appui.

La questionLa réponse courte
C'est quoi ?Votre dépense énergétique totale d'une journée (le TDEE)
Comment l'estimer ?Métabolisme de base (Mifflin-St Jeor) × niveau d'activité (1,2 à 1,9)
Repère moyen (France)~2 100 kcal/j pour une femme, ~2 600 kcal/j pour un homme, activité modérée
Marge d'erreur±10 % : c'est un point de départ, pas une vérité
Le vrai chiffreSe lit sur 2 à 3 semaines de suivi, quand le poids ne bouge plus
L'essentiel en une ligne : la maintenance, c'est ce que vous brûlez ; le calcul l'approche, la balance le confirme.

Calories de maintenance : de quoi parle-t-on ?

Le principe tient en une phrase : le poids suit le bilan entre ce que vous mangez et ce que vous dépensez. Quand les deux s'équilibrent, le poids reste stable. Ce point d'équilibre, exprimé en calories, c'est votre maintenance — les nutritionnistes parlent de dépense énergétique totale, ou TDEE (Total Daily Energy Expenditure).

Tout le reste se définit par rapport à elle. Manger un peu en dessous, c'est créer un déficit calorique et perdre du poids ; manger au-dessus, c'est un surplus, la voie de la prise de poids. Impossible de piloter l'un ou l'autre sans connaître d'abord ce chiffre pivot.

Attention à ne pas confondre maintenance et métabolisme de base. Le métabolisme de base, c'est ce que vous brûleriez allongé toute la journée sans rien faire. La maintenance, elle, ajoute par-dessus tout ce que vous faites vraiment : bouger, digérer, travailler, vivre. Manger au niveau de son seul métabolisme de base, c'est déjà un gros déficit.

Les postes qui composent votre dépense

Votre dépense d'une journée n'est pas un bloc unique. Elle se répartit en trois grands postes, d'importance très inégale :

Poste de dépensePart du totalCe que c'est
Métabolisme de base~60 à 75 %Les fonctions vitales au repos : cœur, respiration, cerveau, cellules
Activité physique~15 à 30 %Le sport, mais surtout le NEAT : marche, ménage, gestes du quotidien
Effet thermique des aliments~10 %L'énergie dépensée pour digérer ce que vous mangez
Répartition moyenne d'après les postes de dépense énergétique. Le métabolisme de base pèse le plus, mais c'est le moins modifiable.

Ce tableau porte une leçon utile : le poste que vous maîtrisez le plus au jour le jour n'est pas votre métabolisme (largement fixé par votre taille, votre âge et votre masse maigre), mais votre activité. Et là-dedans, le NEAT — tous ces mouvements « gratuits » qui ne sont pas du sport — peut varier de quelques centaines de calories d'une personne à l'autre. C'est souvent ce qui explique deux maintenances très différentes à gabarit égal.

Comment calculer vos calories de maintenance

La méthode standard tient en deux étapes. On estime d'abord le métabolisme de base, puis on le multiplie par un coefficient d'activité.

Étape 1 — le métabolisme de base (Mifflin-St Jeor)

La formule de référence aujourd'hui est celle de Mifflin et St Jeor (1990), jugée plus fidèle aux adultes d'aujourd'hui que l'ancienne équation de Harris-Benedict. Elle demande votre poids (kg), votre taille (cm) et votre âge :

  • Homme : (10 × poids) + (6,25 × taille) − (5 × âge) + 5
  • Femme : (10 × poids) + (6,25 × taille) − (5 × âge) − 161

La seule différence entre les deux, c'est la constante finale. Envie du détail du calcul ? Notre guide dédié détaille la méthode de calcul du métabolisme de base.

Étape 2 — le facteur d'activité

On multiplie ensuite ce métabolisme par un coefficient qui reflète votre mode de vie :

Niveau d'activitéCoefficientProfil type
Sédentaire× 1,2Bureau, peu ou pas d'exercice
Légèrement actif× 1,375Sport léger 1 à 3 fois/semaine
Modérément actif× 1,55Sport modéré 3 à 5 fois/semaine
Très actif× 1,725Sport intense 6 à 7 fois/semaine
Extrêmement actif× 1,9Travail physique + entraînement quotidien
Coefficients d'activité usuels. L'erreur n°1 est de surestimer son niveau : dans le doute, prenez le cran en dessous.

Un exemple concret. Une femme de 35 ans, 65 kg, 1,68 m : métabolisme de base = (10 × 65) + (6,25 × 168) − (5 × 35) − 161 = 1 364 kcal. Légèrement active, sa maintenance tourne autour de 1 364 × 1,375 ≈ 1 875 kcal. Le poids du facteur d'activité saute aux yeux : plutôt sédentaire, elle serait à ~1 635 kcal ; modérément active, à ~2 115 kcal, pour le même corps. C'est pourquoi bien choisir son niveau d'activité compte davantage que la formule elle-même.

Pas envie de sortir la calculatrice ? Le calculateur de la page d'accueil fait les deux étapes d'un coup et vous donne votre maintenance estimée, à ±10 % près.

Des repères chiffrés (données ANSES)

Pour situer votre résultat, l'ANSES a établi des besoins énergétiques de référence pour la population française, à un niveau d'activité modéré (NAP 1,63) :

ÂgeFemmeHomme
18-29 ans~2 200 kcal/j~2 800 kcal/j
30-39 ans~2 120 kcal/j~2 700 kcal/j
40-49 ans~2 080 kcal/j~2 600 kcal/j
50-59 ans~2 000 kcal/j~2 500 kcal/j
Besoins de référence ANSES, activité modérée (adultes 18-59 ans). En moyenne : ~2 100 kcal/j pour les femmes, ~2 600 kcal/j pour les hommes ; après 60 ans, l'homme redescend vers ~2 300 kcal/j.

Ces chiffres sont des moyennes de population, pas votre chiffre personnel. Une personne sédentaire se situe plutôt vers 2 200 kcal (homme) ou 1 800 kcal (femme) ; un profil très actif, bien au-dessus. Voyez-les comme un ordre de grandeur pour vérifier que votre estimation n'est pas aberrante — rien de plus.

Pourquoi la maintenance n'est pas un chiffre figé

Un calcul vous donne une photo à l'instant T. Or votre maintenance bouge :

  • Avec votre poids. Un corps plus lourd dépense plus. À mesure que vous maigrissez, votre maintenance baisse mécaniquement : le chiffre d'il y a 10 kg n'est plus le bon.
  • Avec votre activité. Une semaine chargée et sédentaire, des vacances actives, une blessure : le NEAT et le sport font varier la dépense d'un jour à l'autre.
  • Avec l'âge. Le métabolisme évolue lentement au fil des décennies — moins brutalement qu'on ne le croit, comme on l'explique dans « le métabolisme ralentit-il avec l'âge ? ».
  • Pendant un régime. Face à une restriction prolongée, le corps se met à dépenser un peu moins que prévu par la seule perte de poids : c'est l'adaptation métabolique. En moyenne de l'ordre d'une centaine de calories par jour, parfois davantage, et elle peut se prolonger après le régime. C'est l'un des ressorts de l'effet yo-yo.

Trouver votre vraie maintenance (la méthode qui marche)

Le calcul, c'est le point de départ. La vérité, c'est la balance qui la donne. La démarche est simple :

  • Mangez une quantité régulière pendant 2 à 3 semaines, en la notant honnêtement (peser ses aliments aide à savoir ce que vous mangez vraiment).
  • Suivez votre poids et raisonnez en moyenne hebdomadaire, jamais sur le chiffre d'un matin : le poids varie de jour en jour au gré de l'eau, du sel et du contenu digestif.
  • Lisez le résultat. Si la moyenne hebdo ne bouge pas, l'apport de ces semaines est votre maintenance. Elle grimpe ? Retirez 100 à 200 kcal. Elle descend ? Ajoutez-en autant.

Ce chiffre observé, calé sur votre vie réelle, vaut mieux que n'importe quelle formule. Le calculateur vous met sur la bonne orbite ; le suivi vous pose au bon endroit.

Après un régime : remonter vers la maintenance

Une fois l'objectif atteint, l'erreur classique est de rester en déficit « par sécurité ». À la longue, cela nourrit la fatigue, les fringales, la perte de muscle et le rebond. Le bon geste, c'est de remonter progressivement vos apports vers votre nouvelle maintenance — plus basse qu'avant, puisque vous êtes plus léger — plutôt que de repartir d'un coup bien au-dessus. Cette transition douce est justement ce qui distingue une perte durable d'un yo-yo. Pensez aussi à répartir ces calories intelligemment entre vos macronutriments.

Le cadre, à garder en tête

Ces repères sont des ordres de grandeur à ±10 %, pas des vérités individuelles : vos besoins dépendent de votre âge, de votre sexe, de votre activité, de votre composition corporelle et de votre état de santé. Deux garde-fous simples : ne descendez pas durablement sous ~1 400 kcal/j (femme) ou ~1 600 kcal/j (homme) sans accompagnement, et en cas de pathologie, de grossesse, d'allaitement, de trouble du comportement alimentaire ou de traitement, parlez-en à un médecin ou à un diététicien-nutritionniste. Le chiffre est là pour vous servir, pas pour vous enfermer.

L'essentiel à retenir :

  • La maintenance, c'est votre dépense d'une journée (le TDEE) : mangez-la, le poids ne bouge pas.
  • Estimez-la avec Mifflin-St Jeor × votre niveau d'activité, puis vérifiez-la sur la balance.
  • Le poste que vous maîtrisez le plus n'est pas votre métabolisme, mais votre activité au quotidien.
  • Elle bouge avec le poids, l'âge et les régimes : recalibrez régulièrement.

Prêt à passer aux chiffres ? Estimez votre maintenance avec le calculateur, puis servez-vous du tableau de référence pour situer votre profil.